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Financer son entreprise

Deuxième épisode de notre série sur la création de Maison Carrillo. Après l’idée et le business plan, place à une étape décisive : trouver l’argent pour se lancer. Crowdfunding, love money, banques : nous vous racontons tout, en toute transparence.

4 min de lecture

Maison Carrillo

Cet article fait suite à Créer son entreprise : notre expérience. C’est l’article que nous aurions aimé lire avant de nous lancer.

Ce que l’on a, ce qu’il nous faut

Faire le point sur sa situation

Nous en étions restés là : l’étude de marché terminée avec l’aide de notre conseillère de la CCI, et un plan de financement bien avancé. Nous savions quelles actions mener et surtout combien elles coûteraient : tant pour les tissus, tant pour les logiciels, tant pour les assurances…

Vient alors la question de ce que vous pouvez apporter vous-même. Avez-vous l’épargne nécessaire pour couvrir les investissements, ou faut-il emprunter ? De notre côté, nous avions mis un peu d’argent de côté, de quoi couvrir environ un quart de nos besoins. Restait à trouver le reste.

Crowdfunding

Le financement participatif

Ordinateur portable et carnet sur un bureau

Une campagne sur une plateforme comme KissKissBankBank ou Ulule peut être une très bonne idée. Elle permet de tester votre idée (vous saurez vite si votre projet plaît) et de faire des préventes : vous recevez les fonds avant de livrer vos clients. Comptez environ 8 % de commission pour la plateforme.

Le crowdfunding, c’est un échange de fonds entre particuliers, en dehors des circuits financiers traditionnels.

Pour le prêt-à-porter, c’est un peu plus compliqué : il faut réserver les tissus et les créneaux d’atelier avant même de lancer la campagne, pour que les clients ne reçoivent pas leurs vêtements deux ans plus tard. Nous avons bien fait une campagne de crowdfunding, mais il nous fallait d’abord de quoi lancer la machine.

L’aide de vos proches

La love money

Tasse de café posée à côté d’un ordinateur

La love money, c’est l’argent donné ou prêté par vos proches. Les contreparties varient : un don pur et simple, un prêt à rembourser dans un délai convenu (avec ou sans intérêts), ou des parts de votre entreprise.

Nous avons utilisé cette solution pour une partie de notre financement, sous forme de prêts sans intérêts à rembourser dans les deux ans. Nous nous sommes limités à quatre personnes, nos parents et nos deux meilleurs amis, car la situation ne nous mettait pas tout à fait à l’aise. Cet argent nous a permis de lancer Maison Carrillo, et nous leur en serons toujours reconnaissants.

Toute une aventure

Le prêt bancaire

Reste bien sûr le prêt bancaire. Votre plan de financement doit alors être impeccable et vérifié par un expert-comptable : le programme Passeport Entreprendre de la CCI permet d’en avoir un gratuitement, nous en parlions dans le premier épisode.

Un seul conseil : faites jouer la concurrence.

Au départ, notre banque ne voulait presque pas entendre parler du projet. Le prêt-à-porter est jugé risqué : si l’entreprise s’arrête, il n’y a pas grand-chose à revendre. Les banques n’aiment pas financer du stock. L’argent sert à payer la confection, acheter les tissus à l’avance, faire connaître la marque, alors qu’une boulangerie, par exemple, achète des machines que la banque pourra toujours revendre.

Nous sommes donc allés voir deux autres banques, qui se sont montrées intéressées. Quand la nôtre l’a appris, le projet est soudain devenu beaucoup plus intéressant : « Rappelez-nous dès que vous avez la réponse de l’autre banque ! » Personne ne veut être le premier à se mouiller, mais dès que quelqu’un prend le risque, tout le monde revient vers vous.

Pièces de monnaie en euros

Alors, on fait quoi ?

La réalité du terrain

Dans notre métier, le vrai problème, c’est le calendrier :

  • il faut avancer l’argent avant de créer une collection (tissus, fournitures, créneaux d’atelier), et donc avoir déjà créé la société et son compte bancaire ;
  • confectionner une collection prend du temps ;
  • il faut aussi photographier les prototypes pour vendre, ou prévendre, la collection ;
  • notre campagne de crowdfunding, prévue en mars, a pris du retard à cause de notre premier atelier. Or, une fois l’été arrivé, on achète beaucoup moins en ligne.

Deux solutions : repousser le projet de neuf mois à un an, ou prendre un risque avec un prêt personnel. Nous avons choisi la seconde. Les banques restent frileuses à l’idée de prêter à de jeunes entrepreneurs dans un secteur jugé risqué. « Si c’était une boucherie, on vous suivrait à 100 % » : on nous l’a dit plusieurs fois.

Attention, nous ne vous recommandons pas le prêt personnel : c’est beaucoup plus risqué, et cela peut retarder vos projets personnels, comme l’achat d’un logement. Mais nous avions promis d’être transparents. Si c’était à refaire, nous démarcherions plus de banques, car tout se joue dans la mise en concurrence.

Le mot de la fin

Malgré tout, nous avons pu lancer Maison Carrillo, et c’est une victoire. Place ensuite au financement participatif, à la création de nos premiers vêtements et à la vente.

Étiquette Maison Carrillo cousue dans le col d’une chemise blanche

Depuis, Maison Carrillo a ouvert son propre atelier et une boutique à Toulouse. La suite est à lire sur la page Notre histoire.

Sources et ressources

Guide des Tailles

Si vous avez besoin de plus d’informations sur notre guide de taille, vous pouvez nous envoyer un mail à contact@maison-carrillo.com

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